Un jour, un jeu #001: Turrican (1989)

Etant passionné de jeux vidéo depuis toujours et vu la quantité astronomique que j’ai de jeu, je me suis dit de vous présenter (au départ j’avais dans l’idée de vous en présenter un par jour mais vu le temps que ça m’a pris tous le week-end pour celui-ci) de temps en temps un jeu vidéo d’un autre temps.

De plus ayant toujours eu la mauvaise habitude d’enregistrer mes séquences de gameplay (au départ sur cassette vidéo) j’ai pas mal de vidéo de longplay de mes jeux Amiga 500 terminé à vous proposer (quant aux autres versions, avec tout les émulateurs qui existe, ça me permet de vous faire découvrir un même jeu sur d’autre plateforme).

Mais c’est quoi un Longplay ? c’est simple c’est l’enregistrement d’un jeu vidéo du début à la fin, c’est tout simplement le fait de se filmer en jouant et de terminer le jeu de A à Z sans code et sans raccourci.

Pour ce premier article sur Un jour, un jeu, j’ai décidé de vous présenter le jeu Turrican.

Même si aujourd’hui Turrican est plutôt considéré comme un jeu pour consoles, il ne faut pas oublier que cette merveille est sorti d’abord sur nos micros chéris. Initialement conçu et développé par Manfred Trenz sur Commodore 64 (qui reste LE support originel de la série, que les choses soient bien claires !), puis adapté sur Amiga avec l’aide de Factor 5, studio allemand qui a connu une longue et fructueuse carrière par la suite, et édité par Rainbow Arts en 1989 (Commodore 64) et 1990 (Amiga), Turrican envoyait à sa sortie aux oubliettes tous ses concurrents sur micros 8 et 16-bits par la qualité de sa réalisation et la fluidité incroyable de son animation (50 images par seconde), qui donnait l’impression d’avoir changé de machine au profit d’une borne d’arcade.

Inspiré par Metroid mais plus nerveux et linéaire que ce dernier, le jeu se situe à la frontière entre le shoot’em up et le jeu de plates-formes. Vous dirigez le héros Brent McGuire qui, vétu de sa combinaison de combat, se déplace à pieds dans des décors futuristes bourrés d’ennemis, armé d’un fusil laser qui lui permet de tirer horizontalement droit devant lui tout en courant, ou dans n’importe quelle direction, mais en restant immobile. Le scrolling défile dans toutes les direction et l’étendue des niveaux est énorme, offrant une certaine liberté d’action, la progression vers le niveau suivant pouvant se faire au plus vite ou en prenant le temps d’explorer tous les recoins du décor à la recherche de bonus supplémentaires. La clé du jeu, croyez-en un fan, est d’adopter cette deuxième approche et d’avoir un joystick à tir automatique. Ce dernier est si indispensable pour progresser que je n’ai jamais compris pourquoi cela n’était pas implémenté dans le jeu. Chaque niveau se termine sur un boss de taille très respectable, au design varié et toujours réussi.

La difficulté est très élevée car au contact d’un ennemi le héros ne meurt pas, son énergie se contente d’en prendre un coup. De ce fait le game-design repose sur le fait que les ennemis arrivent si vite que vous n’avez en général pas le temps de les éliminer avant le contact, qui vous fait perdre quelques points de vie. La solution est donc d’explorer tous les recoins à la recherche de 1ups, qui s’avèrent vite innombrables si on se donne la peine de les débusquer. Le jeu est énorme, très étendu, et il faut donc s’armer d’une bonne trentaine de vies dans les premiers niveaux pour espérer arriver au bout. Heureusement, lorsqu’on est débordé il est possible de se changer momentanément en boule hérissée de pointes qui détruisent tout ennemi rencontré (en contrepartie, le héros devient plus difficile à contrôler et peut faire une chute mortelle). Des bombes vidant l’écran de toute présence indésirable peuvent également être collectées, ainsi qu’un bouclier-laser qui fait le ménage à droite et à gauche du héros. L’arsenal est un des plus complets qu’on ait pu voir dans un jeu d’action sur micros 8 et 16-bits, et les niveaux superbement conçus, extrêmement variés et passionnants à explorer, maintiennent un intérêt constant.

Turrican compte 16 niveaux et se finit en deux heures de jeu acharné. Même si la fluidité a été manifestement privilégiée, les graphismes sont très corrects, l’influence visuelle de Giger et du film Alien ayant visiblement été prépondérante dans l’esprit de Manfred Trenz, graphiste du jeu sur les deux versions de référence. Et comme pour toutes les productions Rainbow Arts, la musique des Turrican est de Chris Huelsbeck, compositeur adulé des retro-gamers du monde entier, et elle seule justifie de se plonger dans le jeu. Le style reconnaissable entre mille de Huelsbeck donne un coloration européenne très marquée à un jeu dont tous les autres aspects trouvent clairement leur inspiration chez les studios japonais, à commencer par une jouabilité à toute épreuve, une finition parfaite et un souci exhaustif du détail (tout est si soigné qu’on se croirait dans une production Konami réalisée par une équipe de 15 développeurs).

Jouer à Turrican est une pure expérience de jeu vidéo, un feeling que des millions de joueurs ont ressenti et dont ils ne peuvent plus se passer. C’est aussi le genre de jeu qui ont fait du Commodore 64 et de l’Amiga des machines si particulières dans l’esprit de ceux qui en les ont possédées, sans parler du culte que beaucoup vouent à Manfred Trenz depuis, sachant qu’on le trouve également derrière des titres exceptionnels comme Great Giana Sisters, Katakis et Denaris, et qu’après avoir cessé de développer sur Commodore 64 il s’est parfaitement adapté à l’Amiga, puis à la Super Nintendo (avec le méconnu Rendering Ranger).

Afin de terminer, ce petit test, voici donc les vidéos Longplay de la version Amiga sur la quelle je me suis amusé à l’époque ainsi que sur les différentes version qui ont suivie.

Avant ça bien sur, sur Commodore 64.

La saga Turrican s’est poursuivie sur les consoles Megadrive.

Avec de nombreuses autres versions toujours plus longues, riches, difficiles et délirantes graphiquement.

La version ZX Spectrum.

La version NEC PC Engine.

Turrican a également été adapté sur Atari ST. Cette dernière version est moins fluide que sur Amiga (25fps au lieu de 50) et les décors de fond ont du être un peu simplifiés, mais le plaisir et le rythme du jeu sont toujours là.

Ainsi qu’une conversion sur Game Boy éditée par Accolade en 1991.

Sans oublier Super Turrican sorti sur Nintendo NES.

Et sur Super Nintendo.

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