Dans la cuisine d’Un dîner presque parfait

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Le rendez-vous est fixé à 19 h. Dans le jardin de la maison envahie par les équipes de production, certain fume une dernière cigarette, en attendant l’arrivée des quatre invités. Ce soir-là, Un dîner presque parfait se déroule à Waterloo et je me suis fait invité à table.

A 19 h, ding dong!
Le stress est palpable: en cuisine, l’hôte du jour commence à suer au-dessus de ses casseroles et dehors, le producteur de l’émission, Xavier Debatty, nous explique que c’est « l’heure critique ». Eh oui, comme dans la vraie vie, les candidats sont notamment dépendants des embouteillages et s’ils arrivent en retard, alors que les zakouskis sont déjà sortis du four, c’est une soirée qui commence mal. Ce jour-là, aucun problème à l’horizon: les quatre convives sont équipés de leur micro à l’heure dite et sonnent, tout sourire, un petit cadeau à la main, devant les caméras, comme prévu.

Le bureau de l’hôte se transforme en régie
Pour les caméramans et en régie, le marathon commence. Si Un dîner presque parfait est une émission télé, elle ne se déroule pas moins en live. Pendant des heures, les deux cadreurs vont suivre les moindres mouvements des affamés et les instructions précises que leur indique le réalisateur dans l’oreillette.

Ce dernier est installé dans le bureau de la maison de celui qui reçoit. Face à lui, deux écrans d’ordinateur retransmettent les images prises dans le salon, où l’ambiance n’est pas encore tout à fait détendue. On se permet un coup d’oeil. L’apéro vient d’être servi, l’alcool devrait commencer à faire son petit effet. Pas d’inquiétude pour la conduite (il n’y a jamais de Bob dans Un dîner presque parfait): chacun des candidats est déposé en voiture par un proche et ramené une fois la soirée terminée par une personne de la production.

Ni musique, ni lumière tamisée
Si les candidats ont du mal à se détendre, c’est notamment parce qu’il n’y a ni ambiance musicale, ni lumières tamisées. La musique est interdite: c’est la prod’, lors du montage, qui se charge d’en mettre, pour rendre les images plus dynamiques. Quant à la lumière, de gros spots ont été installés aux quatre coins du salon: la télé a ses impératifs…

Hypocrites, va!
Tandis que les invités passent à table et s’apprêtent à se régaler de saumon, en régie, on en profite pour engloutir une salade achetée à la pompe à essence d’à-côté, arrosée de Coca. Deux poids, deux mesure. A table, certains se lèchent les babines, d’autres grimacent discrètement avant de se fendre d’un: « Mmh, c’est délicieux! »

L’hypocrisie n’aura plus sa place lors des confidences en tête-à-tête dans la salle de bain, un lieu choisi pour « l’intimité » qu’il représente. Bien sûr, si elle est trop petite pour accueillir une équipe télé, une autre pièce peut être envisagée. C’est également le cas pour la maison ou l’appartement du candidat qui invite. Il arrive parfois que son habitation ne permette pas l’installation technique utile à l’émission. Il n’est donc pas exclu qu’ils reçoivent dans la maison d’un proche.

100 euros de défraiement
En discutant des ficelles de l’émission avec son producteur, j’apprends que seulement 100 euros sont offerts à chaque candidat. « Surtout pour électricité qu’on utilise avec les machines en fait. » Chacun y va donc franchement de sa poche pour recevoir comme il se doit. « Oui, mais à côté de ça, il mange gratuitement les quatre autres soirs de la semaine. »

Quitte à être dans la confidence, je m’interroge tout haut: « comment ça se fait qu’ils vont tous faire leurs courses chez le petit épicier du coin, et qu’ils font tous semblant de le connaître depuis dix ans? » « C’est vrai que nous incitons les candidats à se rendre chez un épicier plutôt que dans une grande surface. Visuellement, pour nous, ça n’a pas grand intérêt sinon… » Si la prod’ promet qu’elle ne force pas les candidats à agir malgré eux, elle les dirige doucement quand c’est nécessaire. Pour l’épicerie donc, mais également pour les activités prévues pendant la soirée. « On veut éviter que tout le monde fasse la même chose, donc on essaie de trouver avec eux ce qui seraient sympa à mettre en place. »

Tour de magie raté
Ce soir, ça sera un tour de magie… raté! En régie, on se marre. « Même s’il recommence et qu’il réussit, on gardera la première prise. Ce qu’on veut, c’est garder les choses telles qu’elles se passent. » En tout cas, une chose est sure: ce joli plantage a déridé les candidats. Les éclats de rire s’entendent jusqu’en régie. La soirée peut enfin commencer…

4 réflexions au sujet de « Dans la cuisine d’Un dîner presque parfait »

  1. Je pourrais pas faire l’émission.
    D’abord l’équipe de télé ferait sauter les plombs.
    Et puis je me vois mal aller avec les caméras chez mes épiciers polono-pakistanais !
    Et puis moi, quand on essaie de me diriger malgré moi, je suis du genre à faire exactement l’inverse 😀

  2. Par contre chez toi il y a de la place pour faire « Un banquet presque parfait » tellement c’est grand, voir « un mariage presque parfait » et il y aurai pas besoin de louer de salle pour ça, tellement il y a de la place, faudra juste trouver ou mettre tes collections de BD et de dvd.

  3. La mansarde est assez grande pour caser tout ce que je voudrais mettre hors de portée, mais il faudrait refaire la cuisine et profiter de l’été pour avoir le jardin pour prendre l’apéro

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